Débat engagé avec le Comité
éditorial, plus particulièrement avec Simon "à partir de la
réflexion sur le personnage (cf. Question de Jean-François Sivadier
: "Ai-je jeté un pavé dans la mare ?" ; Atelier
d'écriture avec Maryse Wolinski).
"un objet qui peut ne pas être accompli au départ peut devenir une belle chose", Joël Pommerat :
Ces propos, qui s'appliquent aux reprises de pièces de théâtre au cours de tournées leur permettant d'évoluer au fil du temps, peuvent s'appliquer autant à chaque chapitre proposé qu'à l'ensemble de ce roman polyphonique conçu comme une installation contemporaine.
Entretien avec Frédéric Taddéi, "Ce soir ou jamais" (7 décembre 2012)
"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage", Nicolas Boileau
"un objet qui peut ne pas être accompli au départ peut devenir une belle chose", Joël Pommerat :
Ces propos, qui s'appliquent aux reprises de pièces de théâtre au cours de tournées leur permettant d'évoluer au fil du temps, peuvent s'appliquer autant à chaque chapitre proposé qu'à l'ensemble de ce roman polyphonique conçu comme une installation contemporaine.
Entretien avec Frédéric Taddéi, "Ce soir ou jamais" (7 décembre 2012)
O O
Un lieu parisien : Le Pont des Arts par Maya (2de1 2013-2014)
Photos de Maxime (2de 3 - 2008) : le lycéen et l'art dans sa ville
A suivre..
A suivre..
Un lieu parisien : Le Pont des Arts par Maya (2de1 2013-2014)
Propositions de ré-écriture :
Etes-vous capables d'aider Maya à relire son texte ?
Etes-vous capables d'aider Maya à relire son texte ?
Photos de Maxime (2de 3 - 2008) : le lycéen et l'art dans sa ville
A transposer à la 3ème personne en vue de la construction d'un personnage
Le
Pont des Arts, lieu qui symbolise le rayonnement culturel de la
France dans le monde. Lieu qui attire aujourd’hui les peintres, les
dessinateurs, les photographes. Lieu rempli de secrets mystérieux
et amoureux. Il m’arrive parfois de m’y hasarder, me promener sur
les quais de Seine, où
s’alignent les boîtes
des bouquinistes où
des générations
d’amateurs ont collectionné
des livres, donnant libre cours à
ce passe-temps d’homme cultivé,
par un temps splendide et ensoleillé,
ou encore par un jour nuageux et qui jette sur Paris ce manteau de
mystères
dont raffolent les romantiques.
Le
Pont, première
passerelle métallique
de la capitale, nous charme avec ses sept arches suspendues au-dessus
de l’eau scintillante [mais à
la fois] opaque de la Seine, ses indémodables
lampadaires qui nous ramènent
dans les années
1980, surplombant les péniches
colorées
amarrées,
qui attendent patiemment d’être
mises en route pour ensuite joyeusement parcourir le long cours d’eau
tranquille du fleuve.
Perpétuellement
[comble de] touristes, d’amis, de couples, le Pont des Arts est
devenu l’un des endroits les plus célèbres
de Paris. Je me souviens encore du temps où
le Pont était
simplement un moyen de relier les quais Malaquais et Conti. Du temps
où
les parapets grillagés
de la passerelle n’étaient
pas ensevelis sous des montagnes de cadenas, mais simplement décorés
de-ci de-là
de ces derniers. Du temps, où
ce pont ne se distinguait pas des autres.
Évidemment,
aujourd’hui, se promener sur les bords de Seine, flâner
sur le Pont, admirer le point de vue unique que nous délivre
cette position, ce point du monde où
l’on embrasse à
la fois les quais aux bouquins, les Tuileries, la butte latine
jusqu’au Panthéon,
la Seine jusqu’à
la Concorde, avec en aval, le Pont du Carrousel, et en amont, le
Pont-Neuf. Par la suite, se balader sur l’île
de la Cité,
admirer Notre-Dame de Paris et déguster
une glace chez Berthillon, tout cela reste encore un plaisir.
Cependant de savoir que le Pont n’est plus un petit lieu secret
d’amoureux, mais une visite incontournable de tous les touristes du
monde, ceci brise le charme de l’endroit, et rend les beaux
souvenirs de moments passés-là
très
lointains et irrécupérables.
Je
me rappelle encore du cadenas que j’y avais accroché
il y a quelques années,
avec mon premier grand amour. Une magie caressante régnait,
une volupté
sans pareille m’enveloppait, le doux clapotis de l’eau en dessous
de nous me berçait,
et le faible souffle du vent, qui de temps à
autres prenait vie, me chatouillait les cheveux. Je me sentais prête
à
braver le monde, Paris s’étendait
à
mes pieds, l’Institut, le Louvre, le haut de Notre-Dame me
souriaient.
Tels
deux enfants, nous étions
allés
acheter un cadenas doré
chez un serrurier non loin de là,
dans la rue Mazarine, et [nous] l’avions gravé
de nos initiales, et de l’inéluctable
« je
t’aime ! »
des tourtereaux. Après
l’avoir accroché
à
un parapet de la passerelle, celui juste au milieu, face à
l’île
de la Cité
si je me souviens bien, nous avions jeté
la clé
dans la Seine, la regardant couler jusqu’à
ce qu’elle soit engloutie par les profondeurs, scellant à
tout jamais notre promesse, notre preuve d’un amour éternel.
Hélas,
toutes choses ont une fin, et une forte mélancolie
me gagne quand je pense à
tous ces moments uniques, et intimes. Aujourd’hui, en déambulant
sur la passerelle, resserrant mon manteau autour de moi contre l’air
glacial qui règne,
je peux voir en l’espace de quelques minutes des dizaines de
couples, se jurant fidélité
et amour pour le reste de leurs vies ; amants, enfermant leur
secret dans les petits boîtiers
métalliques ;
ou encore des meilleures amies, toutes émues
ou riant aux éclats,
scellant leur affection et camaraderie d’un geste fraternel. Je me
surprends parfois dans mes rêveries,
pensant à
toutes ces personnes, ce grouillement incessant de fourmis qui
offrent un spectacle passionnant à
déchiffrer.
Pour avoir connu l’intime et unique atmosphère
de « l’ancien »
Pont, cette masse d’individus m’apparaît
comme ridicule, superflue. Je suis désillusionnée.
Aujourd’hui,
les grillages croulent sous le poids des cadenas, l’on ne peut même
plus les discerner les uns des autres, la pratique s’est répandue
à
la Passerelle Léopold-Sédar-Sengher,
ainsi qu’au Pont de l’Archevêché,
certains en sont même
arrivés
à
braver les interdits, et / accrocher des cadenas sur les lampadaires
bordant le Pont des Arts. Cet agglomérat
de couleurs vives se mélange
dans un magma confus, les cadenas originaux, maintenant rouillés,
et sales, semblables à
des ancêtres
oubliés
par le temps,
sont recouverts par des dizaines de nouveaux ; c’est à
celui qui sera le plus coloré,
le plus atypique. Des pans entiers de parapets ont été
enlevés,
remplacés
par de laides barricades en bois. Des centaines de secrets, de
promesses ont été
arrachées ;
les cadenas du Pont des Arts : victimes du poids de l’amour.
A suivre..
A suivre..
O O
Le début de
roman de Victoria : 2de 3 2013
Proposition de ré-écriture :
du point de vue de l'orthographe et du style.
La lumière d’une
matinée de printemps luisait sur Paris qui se réveillait dans un
étirement de douceur du Champ de Mars aux Tuileries. L’enchantement
de la ville qui s’éveille entrait dans les immeubles, faisant
chanter chaque monument, [et]
chaque rencontre[,] . Il[et]
illuminait les appartements [d’une]
de la sainte candeur du matin,
reine des faux espoirs et de promesses d’une vie passée. C’est
ici, dans ce beau décor que notre
héros, Fabrice Moiret
entreprend son apprentissage de jeune écrivain en herbe, mêlant la
débauche d’une vie d’adolescent parisien, à une vie future
idéalisée d’homme libre et reconnu, la tête sur les épaules
mais toujours les yeux regardant en l’air pour renifler l’air
épais et corrompu d’une ville pleine de rêves.
Ce jeune homme plein
d’espoir partit de son appartement d’un pas élancé pour
rejoindre son ami et mentor d’excellence, François Chabert avec
qui il dégustait de délicieuses
pâtisseries tous
les samedis matin, à 9h pile,
Chez Carette, café renommé pour régner sur la place des Vosges tel
un phare émanant de pureté et de raffinement dans ce lagon douteux
qu’est Paris. Il arriva, le menton haut, la cravate serrée sur son
cou transpirant d’altière fierté et d’aspiration de jeune
premier. Il salua François et comme tout
les samedis la discussion commença [avec
l’entrechoquement] des points de vue de ces deux âmes
philosophes certaines de la validité de leurs paroles. François
connaissait bien Fabrice et savait ce qui enflammait son
argumentation : la remise en question de l’art et des
intentions de l’écrivain. La joute verbale des deux amis battait
son comble et François, jouant sur son expérience d’artiste
indépendant de trente-cinq ans, tentait de troubler le jeune homme
avec une certaine malice de personne qui a vécu et vu. Ils se
décidèrent à partir à onze heures et demie,
heure décisive pour le jeune homme car lorsque qu’il poussa la
porte grinçante de ce noble emblème touristique de saveurs il vit
l’objet de son admiration : Joël Pommerat, dramaturge et
metteur en scène contemporain. Fabrice, pris d’une douce euphorie
d’admirateur secret, intercepta
l’artiste dans un mouvement brusque et déterminé [finissant en]
étreinte non préméditée.
La bête de théâtre
plongea un regard profond dans
les yeux de Fabrice et lui demanda de retirer ses mains de sa veste
qui était aussi noire que son
café. L’adolescent s’excusa platement sous les yeux amusés de
François qui embobinait son écharpe satinée autour de son cou et
des ses frêles épaules. Le dramaturge étouffa un soupir lorque
Fabrice lanca :
--« Puis-je vous poser une
question ? »
L’enchantement
de la ville qui s’éveille entrait/.../
illuminait :
la personnification de l'enchantement sujet de verbes d'action, à
revoir, peut-être...
,
[et] chaque rencontre[,] .
Il[et] illuminait les : question de
rythme
[d’une]
de la
sainte candeur du matin : "d'une
saine candeur" ou "de
la saine candeur du..."
[avec
l’entrechoquement] : avec/ lourd ;
entrechoquement : vocabulaire à revoir peut-être... Vous pouvez
trouver mieux.
O O
Pourquoi écrire ?
"Je croyais que le roman, pour parler avec Flaubert, doit
toujours apporter de nouvelles formes et une nouvelle substance. Et
je croyais que l'on ne doit écrire que si l'on éprouve quelque
chose que d'autres écrivains n'ont pas déjà éprouvé et exprimé." Nathalie Sarraute
« Ecrire,
c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation
indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens,
s'abstient de répondre. »
Roland Barthes, Sur
Racine (préface)
« silence
de l'œuvre qui parle et parole de l'homme qui écoute, tel est le
souffle infini de la littérature dans le monde et dans l'histoire."
Roland
Barthes,
Sur
Racine
(préface)
"Si
la littérature est essentiellement, comme je le crois, à la fois
un sens posé et un sens déçu, Racine est sans doute le plus
grand écrivain français ; son génie ne serait alors situé
spécialement dans aucune des vertus qui ont fait successivement sa
fortune (car la définition éthique de Racine n'a cessé de varier),
mais plutôt dans un art inégalé de la disponibilité, qui lui
permet de se maintenir dans le champ de n'importe quel langage
critique.
Cette
disponibilité n'est pas une vertu mineure ; elle est bien au
contraire l'être même de la littérature, porté à son paroxysme.
Ecrire, c'est ébranler le sens du monde, y disposer une
interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier
suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de
nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté
; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la
réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de
répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés,
puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question
demeure.[…] Mais pour que le jeu s'accomplisse […], il faut que
l'œuvre soit vraiment une forme, qu'elle désigne vraiment un sens
tremblé, et non un sens fermé […] il faut qu'à la duplicité
fatale de l'écrivain, qui interroge sous couvert d'affirmer,
corresponde la duplicité du critique, qui répond sous couvert
d'interroger. […] Allusion et assertion, silence de l'œuvre
qui parle et parole de l'homme qui écoute, tel est le souffle infini
de la littérature dans le monde et dans l'histoire."
Roland Barthes, Sur
Racine (préface)
"Tous
les textes qui sont donnés ici sont comme les maillons d'une chaîne
de sens, mais cette chaîne est flottante. Qui pourrait la fixer, lui
donner un signifié sûr ? Le temps peut-être : rassembler des
textes anciens dans un livre nouveau, c'est vouloir interroger le
temps, le solliciter de donner sa réponse aux fragments qui viennent
du passé ; mais le temps est double, temps de l'écriture et du
temps de la mémoire, et cette duplicité appelle à sont tour un
sens suivant : le temps lui-même est une forme."
Roland Barthes, Essais
critiques, Préface, 1964
O O
Comment écrire ?
« Un classique est un livre qui n’a
jamais fini de dire ce qu’il a à dire »,
Italo Calvino
cf. Rubrique : Style
cf. EAF 2005
La préface de Pierre et Jean de Maupassant
Lettres à un jeune poète, R.M Rilke (1903-1908)
Roman de poètes :
de La Recherche du temps perdu (1913-1927)
aux Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)
Tonio Kröger, ThomasMann
cf. EAF 2005
La préface de Pierre et Jean de Maupassant
Lettres à un jeune poète, R.M Rilke (1903-1908)
Roman de poètes :
de La Recherche du temps perdu (1913-1927)
aux Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)
à Dedalus de Joyce (A portrait of
the Artist as a Young Man : 1916)
Tonio Kröger, ThomasMann
à suivre..
cf. Rubrique "Le style"
O O
"J'ai
essayé de faire de vous de bons lecteurs, qui lisent non dans le but
infantile de s'identifier aux personnages du livre, ni dans le but
adolescent d'apprendre à vivre, ni dans le but académique de
s'adonner aux généralisations. J'ai essayé de vous apprendre à
lire les livres pour leur forme, pour leurs visions, pour leur art.
J'ai essayé de vous apprendre à éprouver un petit frisson de
satisfaction artistique, à partager non point une émotion des
personnages du livre, mais les émotions de son auteur – les joies
et les difficultés de la création. Nous n'avons pas glosé autour
des livres, à propos des livres, nous sommes allés au centre de tel
ou tel chef-d'oeuvre, au coeur même du sujet."
Vladimir Nabokov
Vladimir Nabokov
L'aventure
d'écriture romanesque inter-nautique que j'avais engagée avec mes
élèves de classes de Secondes et de Premières sur
http://recrearte.org en
2006 dans le
cadre d'un projet Comenius
ne correspondait pas tout à fait à l'objectif que je m'étais fixé
d'inscrire cette aventure d'écriture romanesque à l'intersection
des axes diachroniques et synchroniques, parce que mes partenaires
européens avaient restreint le champ esthétique du notre projet
artistique européen qui réunissait les villes de Bruxelles, de
Prague et de Madrid à l'art contemporain de la dé-construction du
sujet sans mise en perspective diachronique sur l'axe des temps, se
privant ainsi de toutes les ressources d'un éclairage des oeuvres
contemporaines par celles dites "classiques",
d'où le passage aujourd'hui de Correspondances
2006 : Utopia, la ville idéale (de
l'urbanisme à l'urbanité)
à
Correspondances
2014 en
"Cercles/Fictions"
pour
compléter l'expérience par une mise en perspective historique et
critique qui permette une véritable entrée
en littérature des romanciers inter-nautes en devenir "au
centre", "au
coeur même du sujet" :
de la lecture telle que la conçoit
Vladimir Nabokov ainsi qu'il l'explique à ses étudiants à
l'écriture d'un roman interactif générationnel adolescent pour
"prendre (leur)
place [...]
/ Au
centre du cercle"
ainsi
que le présentateur des Cercles/Fictions
de
Joël Pommerat (pp. 36-37) invite ses spectateurs à le faire et
"apprendre
à éprouver
un petit frisson de satisfaction artistique,
à
partager non
point une émotion des personnages du livre, mais les
émotions de son auteur - les
joies et les difficultés de la création",
pour entrer dans leur propre histoire grâce à la stratégie du
détour de la fiction dans le cadre d'une temporalité romanesque qui
démultiplie le temps et l'espace en se posant depuis ses origines
les questions de la continuité et de la discontinuité, de la
simultanéité et de la succession d'écritures et de lectures, de
réécritures et de relectures par fragmentations et superpositions
palimpsestiques d'un temps et d'un espace choisis.
"L'écriture
par fragments est liée à la littérature.
Dans un roman, on n'arrête pas de voyager, de faire des
ellipses."
Joël Pommerat
Propositions
de quatrièmes de couverture en Atelier de Théâtre de 3ème
(2009-2010)
"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage"
Nicolas Boileau, "Art poétique"
Envoyez votre proposition de story-board et/ou vos chapitres à cette adresse : tempoe@hotmail.fr
Nicolas Boileau, "Art poétique"
Envoyez votre proposition de story-board et/ou vos chapitres à cette adresse : tempoe@hotmail.fr
Ils paraîtront au fil des propositions.
"Les
Inséparables"
d'Esther Shalev-Gerz, fabriqué par Jaeger-LeCoultre
"Tempo è galant'uomo"
Joël Pommerat
Extraits
des notes prises au cours de l'entretien accordé par Joël Pommerat
aux élèves de l'EABJM à l'issue de la représentation de La
Réunification des deux Corées, vendredi 1er février 2013 :
réponse à une question posée à propos de l'influence du cinéma,
de son expérience cinématographique sur son théâtre.
cf. Rubrique :Le story-board
o o
A paraître :
Les comptes-rendus des différents Comité éditoriaux des rentrées 2012 et 2013
sur Pierre et Jean de Maupassant
o o
Atelier de ré-écriture :
Texte d'appui de Chloé : extrait de La Curée de Zola
o o
Atelier d'écriture de la classe de 2de 3 avec Maryse Wolinsli : jeudi 25 avril 2013 au CDI de l'EABJM

Verbes à éviter : être/faire
Plan ? On ne sait pas trop où on va.
Une base : trouver un cadre.
-- un début
-- installer des personnages
-- un décor
-- passé/présent ?
-- là où nous vivons ?
-- Paris/ ville imaginaire ? ville de province ?
-- pas le même personnage
L'INTRIGUE : parfois on part sur un titre, souvent on le change.
Souvent, c'est l'éditeur qui trouve le titre (terminée la grande époque des éditeurs/écrivains : Gide, Proust...)
o o
Expériences
d'écriture automatique :
1er diptyque : du tableau au poème
2ème diptyque : du portrait au portrait du personnage
André Breton, Manifeste du
Surréalisme, 1924
« Placez-vous
dans l'état le plus passif ou réceptif que vous pourrez...
écrivez-vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas vous
retenir et ne pas être tenté de vous relire »
"Faites-vous
apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi
favorable que possible à la concentration de votre esprit sur
lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que
vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et
de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est
un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Ecrivez vite sans
sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être
tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant
il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à
notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. Il est
assez difficile de se prononcer sur le cas de la phrase suivante ;
elle participe sans doute à la fois de notre activité consciente et
de l'autre, si l'on admet que le fait d'avoir écrit la première
entraîne un minimum de perception. Peu doit vous importer,
d'ailleurs ; c'est en cela que réside, pour la plus grande part,
l'intérêt du jeu surréaliste. Toujours est-il que la ponctuation
s'oppose sans doute à la continuité absolue de la coulée qui nous
occupe, bien qu'elle paraisse aussi nécessaire que la distribution
des noeuds sur une corde vivante. Continuez autant qu'il vous plaira.
Fiez-vous au caractère inépuisable du murmure. Si le silence menace
de s'établir pour peu que vous ayez commis une faute : une faute,
peut-on dire, d'inattention, rompez sans hésiter avec une ligne
claire. A la suite du mot dont l'origine vous semble suspecte, posez
une lettre quelconque, la lettre l, et ramenez l'arbitraire en
imposant cette lettre pour initiale au mot qui suivra."
Expérience d'écriture
automatique, et de ré-écriture : texte confié par Eloïse (Atelier de poésie)
La cascade d'argent coulait tranquillement sur les
roches à moitié brisées où les oiseaux bleu nuancés chantaient à
pleine voix leur amour qu'ils portaient pour chacun et ils se
regardaient d'un air apaisé comme si la lune avait enfin rencontré
le soleil et que la nuit avait enfin connu le jour. La nuit de ses
milles miroirs apportait de la clarté sur nos maisons à moitié
éclairées. Dedans, une vision typique d'une famille avachie devant
la télévision étant tels des zombies à la recherche d'une proie.
Leurs regards étaient perdues et vides et leur visages étaient
éclaircis par la lumière aveuglante du carré électrique. Le rêve
étant une image abstraite de ce que l'on souhaite quand nous sommes
conscients n'est qu'un espoir de plus ou de moins dans nos vies
monotones et sans actions. De son côté la forêt qui était
recouvert d'un manteau de velours vert anglais était musicale et
orchestrée par les oiseaux nomades et par les animaux perdues dans
le cadavre de leur proie. Le soleil de son jaune aveuglant
saupoudrait notre peau d'une lumière atypique. Cachée de temps en
temps par des nuages traîtres, il se débattait pour pouvoir ne
serait-ce que faire passer un rayon de soleil. C'était une bataille
de lumière. La feuille accrochée était la dernière survivante à
un automne infernal. De ses nuances passant de la couleur feu au vert
pomme, elle laissait couler au milieu de sa structure une goutte
d'eau solitaire. Elle était timide et apeurée par peur de s'éclater
à la fin de son voyage interminable. Allait-elle tomber sur un
passant innocent ou sur un oiseau voyageant? Elle l'ignorait.
Eloïse
La cascade d'argent coulait tranquillement sur les
roches à moitié brisées où les oiseaux bleu nuancés chantaient à
pleine voix l'amour qu'ils se portaient mutuellement et ils se
regardaient d'un air apaisé comme si la lune avait enfin rencontré
le soleil et que la nuit avait enfin connu le jour. La nuit de ses
milles miroirs apportait de la clarté sur nos maisons à moitié
éclairées. Dedans, une vision typique d'une famille avachie devant
la télévision [étant] tels des zombies à la recherche d'une proie.
Leurs regards étaient perdues et vides et leur visages [étaient]
éclaircis par la lumière aveuglante du carré électrique. Le rêve
étant une image abstraite de ce que l'on souhaite quand nous sommes
conscients n'est qu'un espoir de plus ou de moins dans nos vies
monotones et sans actions. De son côté la forêt qui était
recouverte d'un manteau de velours vert anglais était musicale et
orchestrée par les oiseaux nomades et [par] les animaux perdues dans
le cadavre de leur proie. Le soleil de son jaune aveuglant
saupoudrait notre peau d'une lumière atypique. Cachée de temps en
temps par des nuages traîtres, il se débattait pour pouvoir ne
serait-ce que faire passer un rayon de soleil. C'était une bataille
de lumière. La feuille accrochée était la dernière survivante à
un automne infernal. De ses nuances passant de la couleur feu au vert
pomme, elle laissait couler au milieu de sa structure une goutte
d'eau solitaire. Elle était timide et apeurée par peur de s'éclater
à la fin de son voyage interminable. Allait-elle tomber sur un
passant innocent ou sur un oiseau voyageant? Elle l'ignorait.
o
o
A paraître :
Les comptes-rendus des différents Comité éditoriaux des rentrées 2012 et 2013
sur Pierre et Jean de Maupassant
o o
Atelier de ré-écriture :
Sujet : Vous écrivez à un romancier
pour lui proposer d'adapter son roman au cinéma en lui précisant ce
que vous aimeriez pouvoir transformer dans l'évolution de l'intrigue.
Proposition de ré-écriture de la lettre de Chloé :
"La vérité est en marche, et rien ne l'arrêtera", Emile Zola
Cher
Monsieur Zola,
[Je
me présente,
Directrice cinématographique en herbe.] Dans cette lettre,
j’aimerais partager avec vous un projet qui me tient
a coeur
depuis ma jeunesse; j’aimerais
reprendre
[votre
illustre oeuvre]
La
Curée
, modifier le destin de Renée et
de
finalement, l’adapter pour
le
cinema.
Je
voudrais accentuer la notion du crime antique afin de mettre en avant
l’intertextualité La Curée et Phèdre. Je veux
filmer l’histoire d’une Phèdre moderne transposée dans la
sociéte parisienne du Second Empire. Durant ma lecture, j’ai
particulièrement apprecié votre habile
utlisitation de la mise en abyme; votre adaptation de Phèdre selon
le code historique, idéologique et social de votre temps.
Dans
ce passage, Renée et Maxime assistent à une représentation de
Phèdre au Théâtre-Italien. Renée se
perd dans son rêve douloureux; elle réalise qu’à travers cette
piece, à travers la Ristori, c’est
elle même
qu’elle retrouve. Elle assiste à ce que lui promet sa destinée.
J’aimerais
que Renée s’identifie au personage
illustre de Phèdre de façon complète. Au lieu de rester incapable
de s’élever à la grandeur tragique de son acte incestueux, je
voudrais qu’elle s’élève au
niveau d’une épopée antique. Cette fin pathétique due à une
méningite (maladie pouvant venir de la croyance que notre mort
aurait été préférable), pourrait être remplacée par un acte
honorable et épique: l’empoisonnement. Cet acte ne
[sauvera pas sa peau], mais son âme.
Cette
fin correspondrait plus aux attentes des spectateurs de nos jours;
donner une image théâtrale de la réalite.
Croyez
bien, Cher Monsieur Zola, à mes plus amicales
pensées.
Texte d'appui de Chloé : extrait de La Curée de Zola
Un soir, ils allèrent ensemble au
Théâtre-Italien. Ils n'avaient seulement pas regardé l'affiche.
Ils voulaient voir une grande tragédienne italienne, la Ristori, qui
faisait alors courir tout Paris, et à laquelle la mode leur
commandait de s'intéresser. On donnait Phèdre . Il
se rappelait assez son répertoire classique, elle savait assez
l'italien pour suivre la pièce. Et même ce drame leur causa une
émotion particulière, dans cette langue étrangère dont les
sonorités leur semblaient, par moments, un simple accompagnement
d'orchestre soutenant la mimique des acteurs. Hippolyte était un
grand garçon pâle, très médiocre, qui pleurait son rôle.
-- Quel godiche ! murmurait Maxime.
Mais la Ristori, avec ses fortes
épaules secouées par les sanglots, avec sa face tragique et ses
gros bras, remuait profondément Renée. Phèdre était du sang de
Pasiphaé, et elle se demandait de quel sang elle pouvait être,
elle, l'incestueuse des temps nouveaux. Elle ne voyait de la pièce
que cette grande femme traînant sur les planches le crime antique.
Au premier acte, quand Phèdre fait Oenone la confidence de sa
tendresse criminelle ; au second, lorsqu'elle se déclare, toute
brûlante, à Hippolyte ; et, plus tard, au quatrième, lorsque le
retour de Thésée l'accable, et qu'elle se maudit, dans une crise de
fureur sombre, elle emplissait la salle d'un tel cri de passion
fauve, d'un tel besoin de volupté surhumaine que la jeune femme
sentait passer sur sa chair chaque frisson de son désir et de ses
remords.
-- Attends, murmurait Maxime à son
oreille, tu vas entendre le récit de Théramène. Il a une bonne
tête, le vieux !
Et il murmura d'une voix creuse :
A peine nous sortions des portes de
Trézène, Il était sur son char...
Mais Renée, quand le vieux parla, ne
regarda plus, n'écouta plus. Le lustre l'aveuglait, les chaleurs
étouffantes lui venaient de toutes ses faces pâles tendues vers la
scène. Le monologue continuait, interminable. Elle était dans la
serre, sous les feuillages ardents, et elle rêvait que son mari
entrait, la surprenait aux bras de son fils. Elle souffrait
horriblement, elle perdait connaissance, quand le dernier râle de
Phèdre, repentante et mourant dans les convulsions du poison, lui
fit rouvrir les yeux. La toile tombait. Aurait-elle la force de
s'empoisonner, un jour ? Comme son drame était mesquin et honteux à
côté de l'épopée antique ! et tandis que Maxime lui nouait sous
le menton sa sortie de théâtre, elle entendait encore gronder
derrière elle cette rude voix de la Ristori, à laquelle répondait
le murmure complaisant d'Oenone.
o o
Atelier d'écriture de la classe de 2de 3 avec Maryse Wolinsli : jeudi 25 avril 2013 au CDI de l'EABJM

"Le principal c'est de faire : écrire simple (sans chercher des mots extraordinaires."
Verbes à éviter : être/faire
Plan ? On ne sait pas trop où on va.
Une base : trouver un cadre.
-- un début
-- installer des personnages
-- un décor
-- passé/présent ?
-- là où nous vivons ?
-- Paris/ ville imaginaire ? ville de province ?
-- pas le même personnage
L'INTRIGUE : parfois on part sur un titre, souvent on le change.
Souvent, c'est l'éditeur qui trouve le titre (terminée la grande époque des éditeurs/écrivains : Gide, Proust...)
UNE PETITE HISTOIRE : LE ROMAN DE MATHILDE
Elle est mère de famille. Elle a 4 enfants (3 filles et un garçon entre 8 et 15 ans). Pour vivre, elle joue le rôle de "nègre" (personne qui écrit pour quelqu'un d'autre des "best seller" qu'elle ne signe pas. Elle devient aigrie : elle a envie d'écrire pour elle, mais elle n'a pas le temps. Elle hérite d'une maison...
Voilà la base de l'histoire.
Que
va-t-il se passer pour que Mathilde puisse arriver à écrire, à
continuer à gagner sa vie pour faire vivre sa famille et garder sa
maison ?
Proposition de Benjamin : en lisant une histoire à son plus jeune enfant pour l'endormir, elle découvrirait une phrase.
-- Ce serait quoi cette phrase ?
-- Une phrase qui reflèterait ce qu'elle pense elle-même.
Chacun propose sa phrase : je/il ? (commencer par "je"...)
Le Monstre, c'était lui : Simon
Le succès est déterminé par l'estime qu'on a de son travail : Luke.
Il fallait y croire : Maxime (Commentaire de Maryse : "une phrase qui n'est pas fermée")
Puis elle retourna en jeunesse : Théo
"Laissez dire les sots, le savoir a son prix", La Fontaine, "L'Avantage de la science" : Axel
Et ils vécurent heureux : Oliver
Il ne fallait en effet pas renoncer : Patrick
Son rêve lui ouvrit les yeux sur la vérité : Christopher
Quand on veut, on peut : Edwin
Une vie ensoleillée ressemble à une vie où les obstacles sont surpassés et les souhaits exaucés : Eloïse ("Là aussi, c'est très ouvert")
La plus grande peur qui doit être vaincue est la peur du rejet : Alice
Grâce à cet obstacle surpassé elle était heureuse et épanouie : Alix
La route vers son destin ne peut être construite que par soi-même : Floriane
Un nouveau départ lui semblait maintenant possible ("réfléchir sur le fait qu'elle veut écrire un livre sur elle-même/ un livre sur quoi ?")
Sur la trace de ses pas il découvrait sa propre voie : Benjamin
Je ferai tout pour voler de mes propres ailes : Marion
Et dans ce geste simple, tout se dessine : Margaux
Et l'enfant murmure, je suis défférente, telle est ma force : Chloé
Ce moment d'euphorie fut éphémère, j'étais de retour : Kymia ("La violence est le dernier refuge de l'inconséquence", Asimov)
L'amour de nos coeurs touchait les frontières de l'idéal : Clara
Il ne faut pas que ses envies restent des désirs mais qu'ils deviennent des convictions : Clément
Rien n'est inaccessible : Kensuke
Ce n'est pas parece qu'on est pauvre qu'on ne peut pas vivre heureux : Dennis
Son savoir être guida alors sa plume et elle écrivit sa première ligne : Maxime
PROJET : rédiger un texte à partir de phrases choisies mises bout à bout (par exemple celles surlignées en bleu)
PROJET : rédiger un texte à partir de phrases choisies mises bout à bout (par exemple celles surlignées en bleu)
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Dominos
On
aligne les pièces, l'une derrière l'autre, elles ne se touchent
pas, ne se connaissent pas. Un simple geste, un petit coup de pouce,
et voilà que tout commence. La première vacille, perd l'équilibre,
tombe, la deuxième l'imite, le reste suit. La chaîne ne s'arrête
pas, les chutes se succèdent, les pièces se touchent, se
rencontrent. On perd le cours des événements, plus de début, plus
de fin, juste une suite interminable. Si on en retire une, on change
l'avenir, chaque pièce est unique, mais existe pour compléter le
jeu.
Zeynep (actuellement en Terminale )
Première
mise en scène de ce texte proposée au cours de l'atelier de 3ème ,
2009-2010
"Elle
était belle à l'image du jour qu'elle ne voyait pas; ce jour dont
la lumière s'affaiblissait, tandis qu'elle demeurait plongée dans
l'obscurité. Mes yeux crevaient l'horizon, ainsi les siens
attendaient mes paroles pour s'en faire une vision. Ma petite sœur,
immense d'esprit. Le Destin lui avait ôté la vue; après l'avoir
regardé de haut, elle avait saisi la plume de l'espoir pour tracer
les grandes lignes de sa vie. Je la poussais dans le puits sans fond
de l'imagination;je m'étais chargée de lui offrir l'or d'un monde
rose que je faisais sien... Elle, me donnait l'espoir de son regard."
Léa (actuellement en Terminale )
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"Sans
clefs, la grande armoire " ?
Rimbaud, "Les étrennes des orphelins", Poésies, 1870
Rimbaud, "Les étrennes des orphelins", Poésies, 1870
"Le style, c'est l'homme même", Buffon
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