De l'écriture à la ré-écriture



Débat engagé avec le Comité éditorial, plus particulièrement avec Simon "à partir de la réflexion sur le personnage (cf. Question de Jean-François Sivadier : "Ai-je jeté un pavé dans la mare ?" ; Atelier d'écriture avec Maryse Wolinski).

"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage", Nicolas Boileau

"un objet qui peut ne pas être accompli au départ peut devenir une belle chose", Joël Pommerat :
Ces propos, qui s'appliquent aux reprises de pièces de théâtre au cours de tournées leur permettant d'évoluer au fil du temps, peuvent s'appliquer autant à chaque chapitre proposé qu'à l'ensemble de ce roman polyphonique conçu comme une installation contemporaine.
Entretien avec Frédéric Taddéi, "Ce soir ou jamais" (7 décembre 2012)
 

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Un lieu parisien : Le Pont des Arts par Maya (2de1 2013-2014) 


Propositions de ré-écriture :

Etes-vous capables d'aider Maya à relire son texte ? 
 







Photos de Maxime (2de 3 - 2008) :  le lycéen et l'art dans sa ville


A transposer à la 3ème personne en vue de la construction d'un personnage  
Le Pont des Arts, lieu qui symbolise le rayonnement culturel de la France dans le monde. Lieu qui attire aujourd’hui les peintres, les dessinateurs, les photographes. Lieu rempli de secrets mystérieux et amoureux. Il m’arrive parfois de m’y hasarder, me promener sur les quais de Seine, où s’alignent les boîtes des bouquinistes où des générations d’amateurs ont collectionné des livres, donnant libre cours à ce passe-temps d’homme cultivé, par un temps splendide et ensoleillé, ou encore par un jour nuageux et qui jette sur Paris ce manteau de mystères dont raffolent les romantiques.

Le Pont, première passerelle métallique de la capitale, nous charme avec ses sept arches suspendues au-dessus de l’eau scintillante [mais à la fois] opaque de la Seine, ses indémodables lampadaires qui nous ramènent dans les années 1980, surplombant les péniches colorées amarrées, qui attendent patiemment d’être mises en route pour ensuite joyeusement parcourir le long cours d’eau tranquille du fleuve.

Perpétuellement [comble de] touristes, d’amis, de couples, le Pont des Arts est devenu l’un des endroits les plus célèbres de Paris. Je me souviens encore du temps où le Pont était simplement un moyen de relier les quais Malaquais et Conti. Du temps où les parapets grillagés de la passerelle n’étaient pas ensevelis sous des montagnes de cadenas, mais simplement décorés de-ci de-là de ces derniers. Du temps, où ce pont ne se distinguait pas des autres. Évidemment, aujourd’hui, se promener sur les bords de Seine, flâner sur le Pont, admirer le point de vue unique que nous délivre cette position, ce point du monde où l’on embrasse à la fois les quais aux bouquins, les Tuileries, la butte latine jusqu’au Panthéon, la Seine jusqu’à la Concorde, avec en aval, le Pont du Carrousel, et en amont, le Pont-Neuf. Par la suite, se balader sur l’île de la Cité, admirer Notre-Dame de Paris et déguster une glace chez Berthillon, tout cela reste encore un plaisir. Cependant de savoir que le Pont n’est plus un petit lieu secret d’amoureux, mais une visite incontournable de tous les touristes du monde, ceci brise le charme de l’endroit, et rend les beaux souvenirs de moments passés-là très lointains et irrécupérables.

Je me rappelle encore du cadenas que j’y avais accroché il y a quelques années, avec mon premier grand amour. Une magie caressante régnait, une volupté sans pareille m’enveloppait, le doux clapotis de l’eau en dessous de nous me berçait, et le faible souffle du vent, qui de temps à autres prenait vie, me chatouillait les cheveux. Je me sentais prête à braver le monde, Paris s’étendait à mes pieds, l’Institut, le Louvre, le haut de Notre-Dame me souriaient.

Tels deux enfants, nous étions allés acheter un cadenas doré chez un serrurier non loin de là, dans la rue Mazarine, et [nous] l’avions gravé de nos initiales, et de l’inéluctable « je t’aime ! » des tourtereaux. Après l’avoir accroché à un parapet de la passerelle, celui juste au milieu, face à l’île de la Cité si je me souviens bien, nous avions jeté la clé dans la Seine, la regardant couler jusqu’à ce qu’elle soit engloutie par les profondeurs, scellant à tout jamais notre promesse, notre preuve d’un amour éternel.

Hélas, toutes choses ont une fin, et une forte mélancolie me gagne quand je pense à tous ces moments uniques, et intimes. Aujourd’hui, en déambulant sur la passerelle, resserrant mon manteau autour de moi contre l’air glacial qui règne, je peux voir en l’espace de quelques minutes des dizaines de couples, se jurant fidélité et amour pour le reste de leurs vies ; amants, enfermant leur secret dans les petits boîtiers métalliques ; ou encore des meilleures amies, toutes émues ou riant aux éclats, scellant leur affection et camaraderie d’un geste fraternel. Je me surprends parfois dans mes rêveries, pensant à toutes ces personnes, ce grouillement incessant de fourmis qui offrent un spectacle passionnant à déchiffrer. Pour avoir connu l’intime et unique atmosphère de « l’ancien » Pont, cette masse d’individus m’apparaît comme ridicule, superflue. Je suis désillusionnée.

Aujourd’hui, les grillages croulent sous le poids des cadenas, l’on ne peut même plus les discerner les uns des autres, la pratique s’est répandue à la Passerelle Léopold-Sédar-Sengher, ainsi qu’au Pont de l’Archevêché, certains en sont même arrivés à braver les interdits, et /  accrocher des cadenas sur les lampadaires bordant le Pont des Arts. Cet agglomérat de couleurs vives se mélange dans un magma confus, les cadenas originaux, maintenant rouillés, et sales, semblables à des ancêtres oubliés par le temps, sont recouverts par des dizaines de nouveaux ; c’est à celui qui sera le plus coloré, le plus atypique. Des pans entiers de parapets ont été enlevés, remplacés par de laides barricades en bois. Des centaines de secrets, de promesses ont été arrachées ; les cadenas du Pont des Arts : victimes du poids de l’amour.


A suivre..


A suivre..
 
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Le début de roman  de Victoria : 2de 3 2013


Proposition de ré-écriture : du point de vue de l'orthographe et du style.

La lumière d’une matinée de printemps luisait sur Paris qui se réveillait dans un étirement de douceur du Champ de Mars aux Tuileries. L’enchantement de la ville qui s’éveille entrait dans les immeubles, faisant chanter chaque monument, [et] chaque rencontre[,] . Il[et] illuminait les appartements [d’une] de la sainte candeur du matin, reine des faux espoirs et de promesses d’une vie passée. C’est ici, dans ce beau décor que notre héros, Fabrice Moiret entreprend son apprentissage de jeune écrivain en herbe, mêlant la débauche d’une vie d’adolescent parisien, à une vie future idéalisée d’homme libre et reconnu, la tête sur les épaules mais toujours les yeux regardant en l’air pour renifler l’air épais et corrompu d’une ville pleine de rêves.
Ce jeune homme plein d’espoir partit de son appartement d’un pas élancé pour rejoindre son ami et mentor d’excellence, François Chabert avec qui il dégustait de délicieuses pâtisseries tous les samedis matin, à 9h pile, Chez Carette, café renommé pour régner sur la place des Vosges tel un phare émanant de pureté et de raffinement dans ce lagon douteux qu’est Paris. Il arriva, le menton haut, la cravate serrée sur son cou transpirant d’altière fierté et d’aspiration de jeune premier. Il salua François et comme tout les samedis la discussion commença [avec l’entrechoquement] des points de vue de ces deux âmes philosophes certaines de la validité de leurs paroles. François connaissait bien Fabrice et savait ce qui enflammait son argumentation : la remise en question de l’art et des intentions de l’écrivain. La joute verbale des deux amis battait son comble et François, jouant sur son expérience d’artiste indépendant de trente-cinq ans, tentait de troubler le jeune homme avec une certaine malice de personne qui a vécu et vu. Ils se décidèrent à partir à onze heures et demie, heure décisive pour le jeune homme car lorsque qu’il poussa la porte grinçante de ce noble emblème touristique de saveurs il vit l’objet de son admiration : Joël Pommerat, dramaturge et metteur en scène contemporain. Fabrice, pris d’une douce euphorie d’admirateur secret, intercepta l’artiste dans un mouvement brusque et déterminé [finissant en] étreinte non préméditée.
La bête de théâtre plongea un regard profond dans les yeux de Fabrice et lui demanda de retirer ses mains de sa veste qui était aussi noire que son café. L’adolescent s’excusa platement sous les yeux amusés de François qui embobinait son écharpe satinée autour de son cou et des ses frêles épaules. Le dramaturge étouffa un soupir lorque Fabrice lanca :
--« Puis-je vous poser une question ? »


L’enchantement de la ville qui s’éveille entrait/.../ illuminait : la personnification de l'enchantement sujet de verbes d'action, à revoir, peut-être...

, [et] chaque rencontre[,] . Il[et] illuminait les : question de rythme

[d’une] de la sainte candeur du matin : "d'une saine candeur" ou "de la saine candeur du..."

[avec l’entrechoquement] : avec/ lourd ; entrechoquement : vocabulaire à revoir peut-être... Vous pouvez trouver mieux.


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Pourquoi écrire ?


"Je croyais que le roman, pour parler avec Flaubert, doit toujours apporter de nouvelles formes et une nouvelle substance. Et je croyais que l'on ne doit écrire que si l'on éprouve quelque chose que d'autres écrivains n'ont pas déjà éprouvé et exprimé." Nathalie Sarraute

« Ecrire, c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. »
Roland Barthes, Sur Racine (préface)


« silence de l'œuvre qui parle et parole de l'homme qui écoute, tel est le souffle infini de la littérature dans le monde et dans l'histoire." Roland Barthes, Sur Racine (préface)

"Si la littérature est essentiellement, comme je le crois, à la fois un sens posé et un sens déçu, Racine est sans doute le plus grand écrivain français ; son génie ne serait alors situé spécialement dans aucune des vertus qui ont fait successivement sa fortune (car la définition éthique de Racine n'a cessé de varier), mais plutôt dans un art inégalé de la disponibilité, qui lui permet de se maintenir dans le champ de n'importe quel langage critique.
Cette disponibilité n'est pas une vertu mineure ; elle est bien au contraire l'être même de la littérature, porté à son paroxysme. Ecrire, c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.[…] Mais pour que le jeu s'accomplisse […], il faut que l'œuvre soit vraiment une forme, qu'elle désigne vraiment un sens tremblé, et non un sens fermé […] il faut qu'à la duplicité fatale de l'écrivain, qui interroge sous couvert d'affirmer, corresponde la duplicité du critique, qui répond sous couvert d'interroger. […] Allusion et assertion, silence de l'œuvre qui parle et parole de l'homme qui écoute, tel est le souffle infini de la littérature dans le monde et dans l'histoire."
Roland Barthes, Sur Racine (préface)

"Tous les textes qui sont donnés ici sont comme les maillons d'une chaîne de sens, mais cette chaîne est flottante. Qui pourrait la fixer, lui donner un signifié sûr ? Le temps peut-être : rassembler des textes anciens dans un livre nouveau, c'est vouloir interroger le temps, le solliciter de donner sa réponse aux fragments qui viennent du passé ; mais le temps est double, temps de l'écriture et du temps de la mémoire, et cette duplicité appelle à sont tour un sens suivant : le temps lui-même est une forme."
Roland Barthes, Essais critiques, Préface, 1964 

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Comment écrire ?

« Un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire », Italo Calvino
cf. Rubrique : Style 

cf. EAF 2005

La préface de Pierre et Jean de Maupassant

Lettres à un jeune poète, R.M Rilke (1903-1908)


Roman de poètes :

de La Recherche du temps perdu (1913-1927)
aux Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)
à Dedalus de Joyce (A portrait of the Artist as a Young Man : 1916)


Tonio Kröger, ThomasMann
à suivre..

cf. Rubrique "Le style"

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"J'ai essayé de faire de vous de bons lecteurs, qui lisent non dans le but infantile de s'identifier aux personnages du livre, ni dans le but adolescent d'apprendre à vivre, ni dans le but académique de s'adonner aux généralisations. J'ai essayé de vous apprendre à lire les livres pour leur forme, pour leurs visions, pour leur art. J'ai essayé de vous apprendre à éprouver un petit frisson de satisfaction artistique, à partager non point une émotion des personnages du livre, mais les émotions de son auteur – les joies et les difficultés de la création. Nous n'avons pas glosé autour des livres, à propos des livres, nous sommes allés au centre de tel ou tel chef-d'oeuvre, au coeur même du sujet."
Vladimir Nabokov

L'aventure d'écriture romanesque inter-nautique que j'avais engagée avec mes élèves de classes de Secondes et de Premières sur http://recrearte.org en 2006 dans le cadre d'un projet Comenius ne correspondait pas tout à fait à l'objectif que je m'étais fixé d'inscrire cette aventure d'écriture romanesque à l'intersection des axes diachroniques et synchroniques, parce que mes partenaires européens avaient restreint le champ esthétique du notre projet artistique européen qui réunissait les villes de Bruxelles, de Prague et de Madrid à l'art contemporain de la dé-construction du sujet sans mise en perspective diachronique sur l'axe des temps, se privant ainsi de toutes les ressources d'un éclairage des oeuvres contemporaines par celles dites "classiques", d'où le passage aujourd'hui de Correspondances 2006 : Utopia, la ville idéale (de l'urbanisme à l'urbanité) à Correspondances 2014 en "Cercles/Fictions" pour compléter l'expérience par une mise en perspective historique et critique qui permette une véritable entrée en littérature des romanciers inter-nautes en devenir "au centre", "au coeur même du sujet" : de la lecture telle que la conçoit Vladimir Nabokov ainsi qu'il l'explique à ses étudiants à l'écriture d'un roman interactif générationnel adolescent pour "prendre (leur) place [...] / Au centre du cercle" ainsi que le présentateur des Cercles/Fictions de Joël Pommerat (pp. 36-37) invite ses spectateurs à le faire et "apprendre à éprouver un petit frisson de satisfaction artistique, à partager non point une émotion des personnages du livre, mais les émotions de son auteur - les joies et les difficultés de la création", pour entrer dans leur propre histoire grâce à la stratégie du détour de la fiction dans le cadre d'une temporalité romanesque qui démultiplie le temps et l'espace en se posant depuis ses origines les questions de la continuité et de la discontinuité, de la simultanéité et de la succession d'écritures et de lectures, de réécritures et de relectures par fragmentations et superpositions palimpsestiques d'un temps et d'un espace choisis.

"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage"

Nicolas Boileau, "Art poétique"


Envoyez votre proposition de story-board et/ou vos chapitres à cette adresse : tempoe@hotmail.fr

Ils  paraîtront au fil des propositions.

 "Les Inséparables" d'Esther Shalev-Gerz, fabriqué par Jaeger-LeCoultre



"Tempo è galant'uomo"


"L'écriture par fragments est liée à la littérature. Dans un roman, on n'arrête pas de voyager, de faire des ellipses." 
 Joël Pommerat
 
Extraits des notes prises au cours de l'entretien accordé par Joël Pommerat aux élèves de l'EABJM à l'issue de la représentation de La Réunification des deux Corées, vendredi 1er février 2013 : réponse à une question posée à propos de l'influence du cinéma, de son expérience cinématographique sur son théâtre. 

cf. Rubrique :Le story-board


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Expériences d'écriture automatique : 

1er diptyque : du tableau au poème
2ème diptyque : du portrait au portrait du personnage



André Breton, Manifeste du Surréalisme, 1924

« Placez-vous dans l'état le plus passif ou réceptif que vous pourrez... écrivez-vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas vous retenir et ne pas être tenté de vous relire »

"Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Ecrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. Il est assez difficile de se prononcer sur le cas de la phrase suivante ; elle participe sans doute à la fois de notre activité consciente et de l'autre, si l'on admet que le fait d'avoir écrit la première entraîne un minimum de perception. Peu doit vous importer, d'ailleurs ; c'est en cela que réside, pour la plus grande part, l'intérêt du jeu surréaliste. Toujours est-il que la ponctuation s'oppose sans doute à la continuité absolue de la coulée qui nous occupe, bien qu'elle paraisse aussi nécessaire que la distribution des noeuds sur une corde vivante. Continuez autant qu'il vous plaira. Fiez-vous au caractère inépuisable du murmure. Si le silence menace de s'établir pour peu que vous ayez commis une faute : une faute, peut-on dire, d'inattention, rompez sans hésiter avec une ligne claire. A la suite du mot dont l'origine vous semble suspecte, posez une lettre quelconque, la lettre l, et ramenez l'arbitraire en imposant cette lettre pour initiale au mot qui suivra."
 
Expérience d'écriture automatique, et de ré-écriture : texte confié par Eloïse (Atelier de poésie)


     La cascade d'argent coulait tranquillement sur les roches à moitié brisées où les oiseaux bleu nuancés chantaient à pleine voix leur amour qu'ils portaient pour chacun et ils se regardaient d'un air apaisé comme si la lune avait enfin rencontré le soleil et que la nuit avait enfin connu le jour. La nuit de ses milles miroirs apportait de la clarté sur nos maisons à moitié éclairées. Dedans, une vision typique d'une famille avachie devant la télévision étant tels des zombies à la recherche d'une proie. Leurs regards étaient perdues et vides et leur visages étaient éclaircis par la lumière aveuglante du carré électrique. Le rêve étant une image abstraite de ce que l'on souhaite quand nous sommes conscients n'est qu'un espoir de plus ou de moins dans nos vies monotones et sans actions. De son côté la forêt qui était recouvert d'un manteau de velours vert anglais était musicale et orchestrée par les oiseaux nomades et par les animaux perdues dans le cadavre de leur proie. Le soleil de son jaune aveuglant saupoudrait notre peau d'une lumière atypique. Cachée de temps en temps par des nuages traîtres, il se débattait pour pouvoir ne serait-ce que faire passer un rayon de soleil. C'était une bataille de lumière. La feuille accrochée était la dernière survivante à un automne infernal. De ses nuances passant de la couleur feu au vert pomme, elle laissait couler au milieu de sa structure une goutte d'eau solitaire. Elle était timide et apeurée par peur de s'éclater à la fin de son voyage interminable. Allait-elle tomber sur un passant innocent ou sur un oiseau voyageant? Elle l'ignorait. 

Eloïse


     La cascade d'argent coulait tranquillement sur les roches à moitié brisées où les oiseaux bleu nuancés chantaient à pleine voix l'amour qu'ils se portaient mutuellement et ils se regardaient d'un air apaisé comme si la lune avait enfin rencontré le soleil et que la nuit avait enfin connu le jour. La nuit de ses milles miroirs apportait de la clarté sur nos maisons à moitié éclairées. Dedans, une vision typique d'une famille avachie devant la télévision [étant] tels des zombies à la recherche d'une proie. Leurs regards étaient perdues et vides et leur visages [étaient] éclaircis par la lumière aveuglante du carré électrique. Le rêve étant une image abstraite de ce que l'on souhaite quand nous sommes conscients n'est qu'un espoir de plus ou de moins dans nos vies monotones et sans actions. De son côté la forêt qui était recouverte d'un manteau de velours vert anglais était musicale et orchestrée par les oiseaux nomades et [par] les animaux perdues dans le cadavre de leur proie. Le soleil de son jaune aveuglant saupoudrait notre peau d'une lumière atypique. Cachée de temps en temps par des nuages traîtres, il se débattait pour pouvoir ne serait-ce que faire passer un rayon de soleil. C'était une bataille de lumière. La feuille accrochée était la dernière survivante à un automne infernal. De ses nuances passant de la couleur feu au vert pomme, elle laissait couler au milieu de sa structure une goutte d'eau solitaire. Elle était timide et apeurée par peur de s'éclater à la fin de son voyage interminable. Allait-elle tomber sur un passant innocent ou sur un oiseau voyageant? Elle l'ignorait. 




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A paraître :  

Les comptes-rendus des différents Comité éditoriaux des  rentrées 2012  et 2013 
sur Pierre et Jean de Maupassant

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Atelier de ré-écriture :


Sujet : Vous écrivez à un romancier pour lui proposer d'adapter son roman au cinéma en lui précisant ce que vous aimeriez pouvoir transformer dans l'évolution de l'intrigue.

Proposition de ré-écriture de la lettre de Chloé :

"La vérité est en marche, et rien ne l'arrêtera", Emile Zola

Cher Monsieur Zola,

[Je me présente, Directrice cinématographique en herbe.] Dans cette lettre, j’aimerais partager avec vous un projet qui me tient a coeur depuis ma jeunesse; j’aimerais reprendre [votre illustre oeuvre] La Curée , modifier le destin de Renée et de finalement, l’adapter pour le cinema.
Je voudrais accentuer la notion du crime antique afin de mettre en avant l’intertextualité La Curée et Phèdre. Je veux filmer l’histoire d’une Phèdre moderne transposée dans la sociéte parisienne du Second Empire. Durant ma lecture, j’ai particulièrement apprecié votre habile utlisitation de la mise en abyme; votre adaptation de Phèdre selon le code historique, idéologique et social de votre temps.
Dans ce passage, Renée et Maxime assistent à une représentation de Phèdre au Théâtre-Italien. Renée se perd dans son rêve douloureux; elle réalise qu’à travers cette piece, à travers la Ristori, c’est elle même qu’elle retrouve. Elle assiste à ce que lui promet sa destinée.
J’aimerais que Renée s’identifie au personage illustre de Phèdre de façon complète. Au lieu de rester incapable de s’élever à la grandeur tragique de son acte incestueux, je voudrais qu’elle s’élève au niveau d’une épopée antique. Cette fin pathétique due à une méningite (maladie pouvant venir de la croyance que notre mort aurait été préférable), pourrait être remplacée par un acte honorable et épique: l’empoisonnement. Cet acte ne [sauvera pas sa peau], mais son âme.
Cette fin correspondrait plus aux attentes des spectateurs de nos jours; donner une image théâtrale de la réalite.
 Croyez bien, Cher Monsieur Zola, à mes plus amicales pensées.


Texte d'appui de Chloé : extrait de La Curée de Zola 
 

Un soir, ils allèrent ensemble au Théâtre-Italien. Ils n'avaient seulement pas regardé l'affiche. Ils voulaient voir une grande tragédienne italienne, la Ristori, qui faisait alors courir tout Paris, et à laquelle la mode leur commandait de s'intéresser. On donnait Phèdre . Il se rappelait assez son répertoire classique, elle savait assez l'italien pour suivre la pièce. Et même ce drame leur causa une émotion particulière, dans cette langue étrangère dont les sonorités leur semblaient, par moments, un simple accompagnement d'orchestre soutenant la mimique des acteurs. Hippolyte était un grand garçon pâle, très médiocre, qui pleurait son rôle. 
-- Quel godiche ! murmurait Maxime. 
Mais la Ristori, avec ses fortes épaules secouées par les sanglots, avec sa face tragique et ses gros bras, remuait profondément Renée. Phèdre était du sang de Pasiphaé, et elle se demandait de quel sang elle pouvait être, elle, l'incestueuse des temps nouveaux. Elle ne voyait de la pièce que cette grande femme traînant sur les planches le crime antique. Au premier acte, quand Phèdre fait Oenone la confidence de sa tendresse criminelle ; au second, lorsqu'elle se déclare, toute brûlante, à Hippolyte ; et, plus tard, au quatrième, lorsque le retour de Thésée l'accable, et qu'elle se maudit, dans une crise de fureur sombre, elle emplissait la salle d'un tel cri de passion fauve, d'un tel besoin de volupté surhumaine que la jeune femme sentait passer sur sa chair chaque frisson de son désir et de ses remords. 
-- Attends, murmurait Maxime à son oreille, tu vas entendre le récit de Théramène. Il a une bonne tête, le vieux ! 
Et il murmura d'une voix creuse : 
A peine nous sortions des portes de Trézène, Il était sur son char... 
Mais Renée, quand le vieux parla, ne regarda plus, n'écouta plus. Le lustre l'aveuglait, les chaleurs étouffantes lui venaient de toutes ses faces pâles tendues vers la scène. Le monologue continuait, interminable. Elle était dans la serre, sous les feuillages ardents, et elle rêvait que son mari entrait, la surprenait aux bras de son fils. Elle souffrait horriblement, elle perdait connaissance, quand le dernier râle de Phèdre, repentante et mourant dans les convulsions du poison, lui fit rouvrir les yeux. La toile tombait. Aurait-elle la force de s'empoisonner, un jour ? Comme son drame était mesquin et honteux à côté de l'épopée antique ! et tandis que Maxime lui nouait sous le menton sa sortie de théâtre, elle entendait encore gronder derrière elle cette rude voix de la Ristori, à laquelle répondait le murmure complaisant d'Oenone. 


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Atelier d'écriture de la classe de 2de 3 avec Maryse Wolinsli : jeudi 25 avril 2013 au CDI de l'EABJM





"Le principal c'est de faire : écrire simple (sans chercher des mots extraordinaires."

Verbes à éviter : être/faire 

Plan ? On ne sait pas trop où on va.

Une base : trouver un cadre.
-- un début
-- installer des personnages
-- un décor
-- passé/présent ?
-- là où nous vivons ?
-- Paris/ ville imaginaire ? ville de province ?
-- pas le même personnage

L'INTRIGUE : parfois on part sur un titre, souvent on le change.
Souvent, c'est l'éditeur qui trouve le titre (terminée la grande époque des éditeurs/écrivains : Gide, Proust...)

UNE PETITE HISTOIRE : LE ROMAN DE MATHILDE

Elle est mère de famille. Elle a 4 enfants (3 filles et un garçon entre 8 et 15 ans). Pour vivre, elle joue le rôle de "nègre" (personne qui écrit pour quelqu'un d'autre des "best seller" qu'elle ne signe pas. Elle devient aigrie : elle a envie d'écrire pour elle, mais elle n'a pas le temps. Elle hérite d'une maison...
Voilà la base de l'histoire.
Que va-t-il se passer pour que Mathilde puisse arriver à écrire, à continuer à gagner sa vie pour faire vivre sa famille  et garder sa maison ? 

Proposition de Benjamin : en lisant une histoire à son plus jeune enfant pour l'endormir, elle découvrirait une phrase.

--  Ce serait quoi cette phrase ?
-- Une phrase qui reflèterait ce qu'elle pense elle-même.

Chacun propose sa phrase : je/il ? (commencer par "je"...)

Le Monstre, c'était lui : Simon
Le succès est déterminé par l'estime qu'on a de son travail : Luke.
Il fallait y croire : Maxime (Commentaire de Maryse : "une phrase qui n'est pas fermée") 
Puis elle retourna en jeunesse : Théo
"Laissez dire les sots, le savoir a son prix", La Fontaine, "L'Avantage de la science" : Axel  
Et ils vécurent heureux : Oliver
Il ne fallait en effet pas renoncer : Patrick
Son rêve lui ouvrit les yeux sur la vérité : Christopher
Quand on veut, on peut : Edwin
Une vie ensoleillée ressemble à une vie où les obstacles sont surpassés et les souhaits exaucés :  Eloïse ("Là aussi, c'est très ouvert") 
La plus grande peur qui doit être vaincue est la peur du rejet : Alice
Grâce à cet obstacle surpassé elle était heureuse et épanouie : Alix
La route vers son destin ne peut être construite que par soi-même : Floriane
Un nouveau départ lui semblait maintenant possible ("réfléchir sur le fait qu'elle veut écrire un livre sur elle-même/ un livre sur quoi ?")
Sur la trace de ses pas il découvrait sa propre voie : Benjamin
Je ferai tout pour voler de mes propres ailes : Marion
Et dans ce geste simple, tout se dessine : Margaux  
Et l'enfant murmure, je suis défférente, telle est ma force : Chloé
Ce moment d'euphorie fut éphémère, j'étais de retour : Kymia ("La violence est le dernier refuge de l'inconséquence", Asimov)
L'amour de nos coeurs touchait les frontières de l'idéal : Clara
Il ne faut pas que ses envies restent des désirs mais qu'ils deviennent des convictions : Clément
Rien n'est inaccessible : Kensuke
Ce n'est pas parece qu'on est pauvre qu'on ne peut pas vivre heureux : Dennis
Son savoir être guida alors sa plume et elle écrivit sa première ligne : Maxime   

PROJET : rédiger un texte à partir de phrases choisies mises bout à bout  (par exemple celles surlignées en bleu)
 

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 Dominos
On aligne les pièces, l'une derrière l'autre, elles ne se touchent pas, ne se connaissent pas. Un simple geste, un petit coup de pouce, et voilà que tout commence. La première vacille, perd l'équilibre, tombe, la deuxième l'imite, le reste suit. La chaîne ne s'arrête pas, les chutes se succèdent, les pièces se touchent, se rencontrent. On perd le cours des événements, plus de début, plus de fin, juste une suite interminable. Si on en retire une, on change l'avenir, chaque pièce est unique, mais existe pour compléter le jeu.
Zeynep (actuellement en Terminale )

Propositions de quatrièmes de couverture en Atelier de Théâtre de 3ème (2009-2010)
 Première mise en scène de ce texte proposée au cours de l'atelier de 3ème , 2009-2010


"Elle était belle à l'image du jour qu'elle ne voyait pas; ce jour dont la lumière s'affaiblissait, tandis qu'elle demeurait plongée dans l'obscurité. Mes yeux crevaient l'horizon, ainsi les siens attendaient mes paroles pour s'en faire une vision. Ma petite sœur, immense d'esprit. Le Destin lui avait ôté la vue; après l'avoir regardé de haut, elle avait saisi la plume de l'espoir pour tracer les grandes lignes de sa vie. Je la poussais dans le puits sans fond de l'imagination;je m'étais chargée de lui offrir l'or d'un monde rose que je faisais sien... Elle, me donnait l'espoir de son regard."
Léa (actuellement en Terminale )





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"Sans clefs, la grande armoire " ?
Rimbaud, "Les étrennes des orphelins", Poésies, 1870





"Le style, c'est l'homme même", Buffon 


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