Le "paysage mental"

Correspondances 2014 : le dossier pré-rédactionnel
Entreprendre l'écriture d'un roman pour apprendre, "en lisant, en écrivant"
Une mise en perspective historique et critique dans le cadre de l'aventure d'écriture d'un roman collectif interactif :
une enquête anthropologique sur la place du sujet dans l'histoire de la communication et des représentations.
L'autre, un sujet en question : de cercles-frictions en "Cercles/Fictions"
pour une "échologie du temps perdu et retrouvé" 

Paysage de Luis Fernandez (1947) 
offert à André Breton par l'artiste ( le cadre a été ajouté)


Paysage d'Alfred Jarry
offert à André Breton par l'artiste (placé contre le mur de son atelier)

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 Du cadre spatio-temporel au "paysage mental" d'André Breton


"On ne pense que par images, si tu veux être philosophe écris des romans", Albert Camus


 Un lieu dans Paris :

Photo et texte de Marcio (2de 3 2013-2014)

 Un lieu dans Paris :


Passage d'enfer. Rien de plus paradoxal que ce nom de rue pour un endroit aussi calme et paisible sorti tout droit d’une autre époque. C’est le Paris préservé, intouchable, qui ne laissera pas indifférent celui qui s’y installera malgré lui. Ses immeubles à deux étages se succèdent les uns les autres dans une myriade de pastels que leurs portes et fenêtres exhibent comme témoin d’un autre temps. Le temps qui permet à la dentellière de Vermeer de s’asseoir sur un banc sous le seuil de sa porte pour profiter des derniers rayons de soleil. Le temps où les enfants lancent les toupies, le temps où les enfants roulent le cerceau des toiles de Bruegel.

Nathan chercha longtemps la rue, puis, se retrouva tout à coup isolé du bouillonnement cacophonique du Boulevard Raspail, au milieu d’un arc-en-ciel de coloris fantaisiste.s Une lumière éclatante jaillissait des persiennes vertes corail et longeait le mur vieilli par le temps. Toutes ces couleurs donnaient un aspect féerique à cette rue. Les lanternes désuètes n’allaient pas tarder à s’allumer. En ce début de soirée d’automne, le froid se faisait sentir et le soleil avait hâte de se cacher. L’endroit était désert. Tout semblait déjà endormi. Pas un arbre dont les feuilles viendraient perturber l’harmonie de cette ruelle. Les couleurs régnaient en maître.

Nathan n’en croyait pas ses yeux. Il était émerveillé. Se serait-il trompé de passage ? Cet appartement situé dans le « Passage d’Enfer » qu’il a eu tant de mal à accepter se trouverait-il ici ? Dans ce petit coin de paradis, de bonheur, d’enchantement ? Aussi, se décida t-il à chercher le numéro 27, où il logerait durant son passage à Paris. Les vieux pavés sous ses pieds, usés par le temps semblaient s’agiter et frémir à l’idée de recevoir un nouvel habitant, depuis le temps que personne n’avait emprunté cette rue. Pas un chat, pas un enfant, aucune trace de nature. Simplement le passage d’enfer.


cf. Rubrique "Le style"

 "Le style, c'est l'homme même"

cf Rubrique : "Le paysage mental"

à suivre..

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Expériences d'écriture automatique : 

Synopsis collectif réalisé sur le modèle du jeu surréaliste du "Cadavre exquis" par le Comité éditorial de 2de 3 le 18 septembre 2013 à partir des titres de chapitres proposés dans chacun des synopsis des élèves de la classe à la suite d'une étude de Pierre et Jean de Maupassant axée sur le thème du double en lien avec le conte "Sur l'eau".

Errance
Cette délicatesse imperceptible
Le tableau
La route vers l'infini
Page blanche
Bonheur
Mon âme soeur
Ripples dans un étang vide
La petite bille rouge
Un jour d'été
La foule monochrome
Le rêve maudit
Le bronzage s'efface
La fin de Rodriguez
Voyage perdu
Le soleil se couche
Un colis
Avion
Une rencontre mystérieuse
Génie caché
Une nouvelle destination

cf. Rubrique : Le story-board

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« Placez-vous dans l'état le plus passif ou réceptif que vous pourrez... écrivez-vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas vous retenir et ne pas être tenté de vous relire » 

André Breton, Manifeste du Surréalisme, 1924 

"Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Ecrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. Il est assez difficile de se prononcer sur le cas de la phrase suivante ; elle participe sans doute à la fois de notre activité consciente et de l'autre, si l'on admet que le fait d'avoir écrit la première entraîne un minimum de perception. Peu doit vous importer, d'ailleurs ; c'est en cela que réside, pour la plus grande part, l'intérêt du jeu surréaliste. Toujours est-il que la ponctuation s'oppose sans doute à la continuité absolue de la coulée qui nous occupe, bien qu'elle paraisse aussi nécessaire que la distribution des noeuds sur une corde vivante. Continuez autant qu'il vous plaira. Fiez-vous au caractère inépuisable du murmure. Si le silence menace de s'établir pour peu que vous ayez commis une faute : une faute, peut-on dire, d'inattention, rompez sans hésiter avec une ligne claire. A la suite du mot dont l'origine vous semble suspecte, posez une lettre quelconque, la lettre l, et ramenez l'arbitraire en imposant cette lettre pour initiale au mot qui suivra."
André Breton, Manifeste du Surréalisme, 1924
 
Expérience d'écriture automatique, et de ré-écriture :

     La cascade d'argent coulait tranquillement sur les roches à moitié brisées où les oiseaux bleu nuancés chantaient à pleine voix leur amour qu'ils portaient pour chacun et ils se regardaient d'un air apaisé comme si la lune avait enfin rencontré le soleil et que la nuit avait enfin connu le jour. La nuit de ses milles miroirs apportait de la clarté sur nos maisons à moitié éclairées. Dedans, une vision typique d'une famille avachie devant la télévision étant tels des zombies à la recherche d'une proie. Leurs regards étaient perdues et vides et leur visages étaient éclaircis par la lumière aveuglante du carré électrique. Le rêve étant une image abstraite de ce que l'on souhaite quand nous sommes conscients n'est qu'un espoir de plus ou de moins dans nos vies monotones et sans actions. De son côté la forêt qui était recouvert d'un manteau de velours vert anglais était musicale et orchestrée par les oiseaux nomades et par les animaux perdues dans le cadavre de leur proie. Le soleil de son jaune aveuglant saupoudrait notre peau d'une lumière atypique. Cachée de temps en temps par des nuages traîtres, il se débattait pour pouvoir ne serait-ce que faire passer un rayon de soleil. C'était une bataille de lumière. La feuille accrochée était la dernière survivante à un automne infernal. De ses nuances passant de la couleur feu au vert pomme, elle laissait couler au milieu de sa structure une goutte d'eau solitaire. Elle était timide et apeurée par peur de s'éclater à la fin de son voyage interminable. Allait-elle tomber sur un passant innocent ou sur un oiseau voyageant? Elle l'ignorait. 

Eloïse  (2de3 2012-13)


     La cascade d'argent coulait tranquillement sur les roches à moitié brisées où les oiseaux bleu nuancés chantaient à pleine voix l'amour qu'ils se portaient mutuellement et ils se regardaient d'un air apaisé comme si la lune avait enfin rencontré le soleil et que la nuit avait enfin connu le jour. La nuit de ses milles miroirs apportait de la clarté sur nos maisons à moitié éclairées. Dedans, une vision typique d'une famille avachie devant la télévision [étant] tels des zombies à la recherche d'une proie. Leurs regards étaient perdues et vides et leur visages [étaient] éclaircis par la lumière aveuglante du carré électrique. Le rêve étant une image abstraite de ce que l'on souhaite quand nous sommes conscients n'est qu'un espoir de plus ou de moins dans nos vies monotones et sans actions. De son côté la forêt qui était recouverte d'un manteau de velours vert anglais était musicale et orchestrée par les oiseaux nomades et [par] les animaux perdues dans le cadavre de leur proie. Le soleil de son jaune aveuglant saupoudrait notre peau d'une lumière atypique. Cachée de temps en temps par des nuages traîtres, il se débattait pour pouvoir ne serait-ce que faire passer un rayon de soleil. C'était une bataille de lumière. La feuille accrochée était la dernière survivante à un automne infernal. De ses nuances passant de la couleur feu au vert pomme, elle laissait couler au milieu de sa structure une goutte d'eau solitaire. Elle était timide et apeurée par peur de s'éclater à la fin de son voyage interminable. Allait-elle tomber sur un passant innocent ou sur un oiseau voyageant? Elle l'ignorait. 

Eloïse  (Ré-écriture proposée)
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 Dominos
On aligne les pièces, l'une derrière l'autre, elles ne se touchent pas, ne se connaissent pas. Un simple geste, un petit coup de pouce, et voilà que tout commence. La première vacille, perd l'équilibre, tombe, la deuxième l'imite, le reste suit. La chaîne ne s'arrête pas, les chutes se succèdent, les pièces se touchent, se rencontrent. On perd le cours des événements, plus de début, plus de fin, juste une suite interminable. Si on en retire une, on change l'avenir, chaque pièce est unique, mais existe pour compléter le jeu.
Zeynep (actuellement en Terminale )

Propositions de quatrièmes de couverture en Atelier de Théâtre de 3ème (2009-2010)
 Première mise en scène de ce texte proposée au cours de l'atelier de 3ème , 2009-2010


"Elle était belle à l'image du jour qu'elle ne voyait pas; ce jour dont la lumière s'affaiblissait, tandis qu'elle demeurait plongée dans l'obscurité. Mes yeux crevaient l'horizon, ainsi les siens attendaient mes paroles pour s'en faire une vision. Ma petite sœur, immense d'esprit. Le Destin lui avait ôté la vue; après l'avoir regardé de haut, elle avait saisi la plume de l'espoir pour tracer les grandes lignes de sa vie. Je la poussais dans le puits sans fond de l'imagination;je m'étais chargée de lui offrir l'or d'un monde rose que je faisais sien... Elle, me donnait l'espoir de son regard."
Léa (actuellement en Terminale )




"L'écriture par fragments est liée à la littérature. Dans un roman, on n'arrête pas de voyager, de faire des ellipses." 
 Joël Pommerat
 

Extraits des notes prises au cours de l'entretien accordé par Joël Pommerat aux élèves de l'EABJM à l'issue de la représentation de La Réunification des deux Corées, vendredi 1er février 2013 : réponse à une question posée à propos de l'influence du cinéma, de son expérience cinématographique sur son théâtre. 

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"Sans clefs, la grande armoire " ?
Rimbaud, "Les étrennes des orphelins", Poésies, 1870





"Le style, c'est l'homme même", Buffon 


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"Tempo è galant'uomo"